Winneway – Près de la rivière, de la fumée s’échappe d’une cabane faite de contre-plaqué. J’interromps quelques minutes ma mission photographique avec Amnistie pour aller voir de ce côté. À l’intérieur, Daniel McLaren travaille sur sa dernière toile, déposée sur des chevalets de construction. Dans le coin, un poêle à bois fait d’un baril de 45 gallons en métal chauffe la pièce. Daniel s’applique minutieusement à tracer des courbes et des spirales blanches sur un fond de toile rouge.
Daniel, comme bien des jeunes Algonquins, n’a pas une vie facile et de tout repos. En créant ses toiles, peut-être exorcise-t-il ses démons, mais quoi qu’il en soit, ses coups de pinceau précis et inspirés, donnent vie à la toile, mais donnent aussi un sens à la sienne. D’ailleurs, il m’a déjà dit qu’il espérait, par la peinture, rendre ses enfants fier de lui. Peut-être, ainsi, retrouvera-t-il son esprit perdu.