Texte et photos Par Marc-André Pauzé – Un village forestier en péril (projet en cours)
Mise à jour et suite de l’article “Reporter photographe et infirmier”
La porte de la petite maison blanche s’ouvre par cet après-midi d’automne. Lentement, Henri, à l’aide de ses béquilles, passe le pas de la porte pour se rendre au dispensaire du village. Deux mois et demi se sont écoulés depuis cette soirée où je l’ai transféré en avion vers Mont-Laurier, après qu’il se soit fracturé la jambe gauche. Une soirée où il s’en est fallu de peu qu’il aille rejoindre ses ancêtres.
“Je les ai tous vus, dit-il toujours en souriant”
Pourtant, cette soirée-là, je n’étais pas sûr de le revoir. Après l’avoir quitté, il est arrivé à l’urgence et on a dû le transfuser plusieurs fois avant de le retransférer vers un centre de traumatologie de Montréal. Sa fracture n’était pas son seul problème. Une accumulation de sang dans la cage thoracique l’empêchait de respirer adéquatement et des fractures aux vertèbres rendaient sa mobilisation plus complexe.
Le lendemain de l’accident, alors qu’on s’apprêtait à le transfuser pour une autre fois, il regarda l’infirmière et refusa… à moins que ça soit du sang d’orignal! Il n’avait pas perdu son sens de l’humour.
Ce n’est que tout récemment qu’il est revenu au village. Sa jambe a bien guérie, ses plaies en voie de cicatrisation et son dos va bien, quoiqu’il doive porter un corset de plastique.
Quelques fois, il doit se rendre à La Tuque pour une réévaluation de ses plaies. Avec son épouse, il prend le train pour faire les 3 heures de voyage vers l’hôpital.
Mais aujourd’hui il est chez lui, entouré de sa famille. Pendant que nous discutons devant sa maison, un voilier d’outardes passe au-dessus de nous et les oiseaux lui souhaitent bon retour. Ses ancêtres leur ont dit qu’il revenait de loin.