Par Nathalie Sentenne
Depuis quatre ans, lorsque l’hiver arrive, j’attends impatiemment de voir « mon Harfang » comme je l’appelle. Celui-ci se tient sur un lampadaire de la route 158 à la hauteur de St-Esprit tout juste à la fin de la courbe en direction de St-Lin-Laurentides. Voilà que cet hiver, « mon Harfang » n’est pas au rendez-vous.
L’année dernière a été l’année où j’ai vu le plus grand nombre d’Harfangs des neiges un peu partout dans Lanaudière. Mais depuis le début de cet hiver, je n’ai pas encore vu cet oiseau portant facile à repérer malgré son plumage blanc. En effet, ce dernier chasse de nuit comme de jour et passe une bonne partie de son temps perché sur un arbre, un lampadaire, un piquet de clôture, un poteau électrique ou sur un toit de grange souvent en bordure de champs ouverts à l’affût de petites bestioles. Étonnamment, j’ai pu observer plusieurs buses à queues rousses juchées sensiblement aux mêmes endroits que les Harfangs des neiges.
Il faut savoir que l’habitat principal de l’emblème aviaire du Québec est la toundra et que ce dernier vient nous visiter à la venue de l’hiver. Ce n’est toutefois pas tous les Harfangs qui migrent vers le Sud et ce sont pour la plupart des immatures (le plumage plus foncé). Il arrive aussi que certaines années, il y en ait une invasion et d’autres qu’il y en ait beaucoup moins. On a longtemps cru que les Harfangs migraient à tous les trois ou quatre ans et que ce phénomène s’expliquait par le nombre de lemmings (petits rongeurs de l’Arctique et mets favori des Harfangs) qui seraient moins nombreux. Certains croient toujours en cette hypothèse, mais elle semble de plus en plus réfutée, étant donné la présence d’Harfangs à chaque hiver: leur nombre variant d’année en année.
Ils se font certes plus rares cet hiver, mais pour avoir navigué sur quelques blogues d’ornithologie et de photographes, je sais qu’il y en a certains parmi nous; il faut seulement être plus alerte si l’on veut en apercevoir. Qu’ils se fassent rares ou non, une chose importante si on décide de les photographier est de demeurer respectueux de leur habitat. Trop de photographes se permettent de les nourrir avec de petites souris pour les attirer de plus près dans le but d’avoir “la” plus belle photo. Cette pratique, décriée par plusieurs ornithologues, est non sans conséquences. À mon avis, vaut mieux les observer de plus loin et avoir de moins belles photos; de toute façon ils ne sont généralement pas très farouches.