
À Madagascar, les vieux chiffons servent à fabriquer les ballons de foot. Photo © Marc-André Pauzé - Tous droits résevés
Par Marc-André Pauzé
En pleine fièvre du Mondial de la FIFA 2010, comment ne pas me rappeler le dernier Mondial (2006) alors que j’étais à Madagascar. Dans le petit village de montagne où je me trouvais, les enfants se rassemblaient dans un espace libre entre les maisons de terre battue pour y jouer au football. Certains jours, le ballon était fait de chiffons roulés en pelote ficelée. D’autres journées, un “vrai” ballon rebondissait d’une tête à un pied nu et se dirigeait entre deux roches qui servaient de but.
Le soir venu, tous se rassemblaient dans la maison d’un paysan, ancien fonctionnaire à la retraite, afin de regarder un match sur un petit téléviseur fonctionnant avec un groupe électrogène (génératrice) à essence. La maison bondée vibrait au gré de la masse d’enfants… et d’adultes en harmonie avec les résultats du match.
Puis, à la fin du match, l’écran s’éteignait. La noirceur reprenait son règne, sauf pour quelques bougies allumées sur les rebords de fenêtres, question d’éloigner les sorcières, pendant que chacun retournait dans sa petite demeure.