Terres & Vie Anishnabe… en territoires occupés
Territoires occupés: Lorsqu’on entend parler de ces terres perdues par agitations politiques, nous pensons souvent à la Palestine, ou à d’autres endroits lointains. Toutefois, on oublie que les Anishnabes vivent eux aussi en territoires occupés en tant que personnes intérieurement déplacées… au Canada.
Les Anishnabes de Winneway, comme bien d’autres nations amérindiennes, n’ont jamais cédé leurs droits sur leurs terres, mais ils sont exclus des décisions regardant la gestion du territoire ce qui contribue à perpétuer cet état de dépendance envers le gouvernement, ainsi qu’engendrer de la colère, de l’impuissance et un état d’esprit brisé (Broken Spirit).
Même s’ils sont membres de la grande famille des Algonquiens qui s’étend de la Virginie jusqu’aux Montagnes Rocheuses et la baie d’Hudson, la plupart des Algonquins se retrouvent au Québec. Ils sont environs 11 000 personnes, réparti en 9 communautés au Québec et 1 en Ontario.
Lorsque Samuel de Champlain arriva à Tadoussac, en 1603, il y rencontra ces nomades qui s’y retrouvaient tous les étés pour faire du commerce avec d’autres tribus. Il semble que cet été-là, les Algonquins célébraient, avec leur alliés Innus (Montagnais) et Etechemins (Malécites), une récente victoire sur les Iroquois. Rapidement ils devinrent des alliés importants, en aidant les Français dans l’établissement du commerce de la fourrure.
Mais, comme il s’est souvent produit dans l’histoire de l’humanité (encore récemment en Afghanistan), lorsque les commerçants occidentaux eurent de moins en moins besoin d’eux, ils s’emparèrent de leurs terres, les confinants à des sites de campements établis et contrôlés. Ailleurs dans le monde, ce genre de site est appelé “Camp pour personnes déplacées” ou même “Camp de prisonniers”.
Au-delà des décisions politiques historiques et actuelles, les Canadiens partagent le même territoire que les Amérindiens depuis plus de 400 ans. Pourtant, très peu visitent les réserves et ils ne connaissent des Premières Nations que très peu de chose de leur vie quotidienne, en dehors des statistiques sur les problèmes sociaux ou des images folkloriques.
Ce projet, toujours en évolution, est pour tenter de remédier à cet état de fait. J’ai l’intention de documenter la réalité des Algonquins en témoignant des situations sociales, économiques et culturelles, mais aussi surtout en saisissant la vie au quotidien de cette nation méconnue, mais pourtant si importante dans l’histoire du Canada.
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